METTRE K.O. UN CARNIVORE

carnivore ko

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Lorsqu’on se tourne vers un nouveau mode de vie sans cruauté, on a souvent besoin de remettre les pendules à l’heure en discutant avec des carnivores mal informés. Voici le top 7 des phrases trop souvent entendues et la réplique d’une végé renseignée 😉 :

MYTHE #1 :  » Ca prend de la viande pour avoir des protéines et être en bonne santé!  »

RÉALITÉ :  Environ 600 millions de personnes sont végétariennes dans le monde. Si ce fait était vrai, ces gens ne seraient pas en vie présentement non? De nombreuses études démontrent un lien entre la consommation de viande (en particulier la viande rouge) et l’augmentation du cancer, le cancer de la prostate, des ovaires, des poumons, du côlon, du pancréas et du sein entre autres.

Le diabète, les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose sont d’autres problèmes de santé associés à la consommation de viande. Une étude américaine parue en 2014 (*) a fait état de ce fait en étudiant 6000 sujets âgés entre 50 et 65 ans. Ils ont ainsi pu observer que les sujets mangeant beaucoup de protéines animales avaient fait augmenter leur risque de mortalité de 75% au cours des 18 ans d’études qui ont suivies.  Ils ont également mesuré une augmentation  du risque de décès par cancer 4 fois supérieure à celui de ceux qui ne consommaient peu ou pas de protéines animales.

Les protéines se retrouvent dans la chair animale certes, mais également dans le monde végétal. Le soja, un bon substitut à la viande, contient 40% de protéines contre 15-20% pour la viande! On retrouve autant de protéines dans certaines légumineuses et céréales que dans les produits d’origine animale. De plus, les protéines contenues dans le végétal ont un net avantage sur la viande puisqu’elles contiennent davantage de fibres et de glucides ce qui rend cette avenue beaucoup plus avantageuse sur le plan alimentaire. En optant pour un régime d’origine végétale on diminue notre cholestérol et notre consommation de gras saturés.

De nombreux athlètes médaillés d’or aux jeux olympiques ne jurent que par le régime végétalien. Georges Laraque, un ancien joueur de hockey du Canadien de Montréal, a augmenté sa performance cardiovasculaire suite à l’adoption d’un régime exempt de produits animaux. Un tel régime peut non seulement n’avoir aucun impact négatif sur la santé mais même l’améliorer!

Un autre facteur à ne pas négliger est la conséquence sur notre santé des hormones et antibiotiques donnés aux animaux d’élevage. Puisque nous mangeons des animaux ayant reçu des doses massives d’antibiotiques, les bactéries deviennent résistantes et il devient de plus en plus difficile de prévenir et de soigner les infections. Cela pourrait être la cause des maladies de plus en plus répandues et de plus en plus difficiles à vaincre dans le monde.

MYTHE #2 : On a besoin des animaux pour nous nourrir.. la faim dans le monde tu n’y penses pas ?!

RÉALITÉ : Une personne renseignée ne prétendrait jamais que la viande peut régler un problème de famine puisque la viande EST une CAUSE de la faim dans le monde!

Saviez-vous que pour produire 1kg de viande il faut utiliser 10 kg d’aliments provenant de pays pauvres qui les produisent? De plus,  60% des terres dans le monde sont utilisées pour l’élevage. Ainsi, en diminuant notre consommation de viande, nous pourrions éviter 14% des décès dans le monde!

Finalement, nous utilisons 90% du soja cultivé dans le monde pour nourrir le bétail. C’est donc dire que ce 90% de soja aurait pu nourrir les habitants pauvres qui le cultivent mais ceux-ci doivent vendre leurs cultures aux pays riches en vue d’engraisser la viande qui nourrira les plus riches seulement..

L’élevage consomme chaque année 775 millions de tonnes de mais et de blé ce qui permettrait de nourrir convenablement 1,4 milliards de personnes pauvres et affamées dans le monde!

En 1985, la famine frappa l’Éthiopie. La population mourrait de faim mais exportait les céréales disponibles à l’extérieur pour nourrir le bétail anglais. Manger de la viande est un luxe pour les pays riches qui condamnent du même coup les pays pauvres. Ce qui est aberrant, c’est qu’un enfant meurt toutes les 6 secondes dans le monde alors que  nous aurions la possibilité de nourrir tout le monde si nous cessions de donner les ressources à l’industrie de la viande.

Autre point important, la consommation d’eau utilisée pour l’élevage est aussi astronomique! Pour 1kg de bœuf produit, on utilise en moyenne 15000 litres d’eau! Soit, l’équivalent d’une douche par jour durant un an pour un humain! La moitié de l’eau potable mondiale est utilisée pour l’élevage et la fabrication de produits laitiers. Tandis qu’aux États-Unis, 80% de l’eau potable est prise pour l’élevage. Dire que dans de nombreux pays nous pouvons encore voir des femmes et même des enfants marcher des  kilomètres le ventre creux à la recherche d’un peu d’eau à boire…

Nous pouvons regarder Vision Mondiale et faire des dons autant que nous voulons, cela n’aura jamais l’impact qu’aurait l’abolition ou du moins la réduction considérable de notre consommation de viande.

Voici une citation du célèbre agronome, écologiste et tiers-mondiste René Dumont :

« L’occidental, avec sa surconsommation de viande et son manque de générosité envers les populations les plus pauvres, se comporte véritablement comme un cannibale, un cannibale indirect. En consommant de la viande, ce qui gaspille les céréales qui auraient pu les sauver, nous avons mangé l’année dernière les enfants du Sahel, d’Ethiopie et du Bangladesh. Et cette année-ci, nous continuerons à les manger avec le même appétit!»

Dans « Diet for a small planet«  France Moore Lappe  demande au lecteur de s’imaginer assis devant un bifteck de 200g.

« Imaginez alors la pièce remplie de 45 à 50 personnes avec des assiettes vides devant eux. Pour « le coût d’alimentaire » de votre bifteck, chacune de leur assiette pourrait être remplie d’une pleine tasse de céréales cuisinées. »

MYTHE #3 :  »Nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire, c’est la loi du plus fort et la nature est ainsi faite »

RÉALITÉ :  Cette déclaration semble la préférée des omnivores. Ils s’en servent généralement pour se déculpabiliser ou pour justifier leur consommation de viande. Si nous sommes « au sommet de la chaîne » c’est tout simplement car nous sommes plus évolués et intelligents que les autres espèces. Pourtant, l’homme est le seul être vivant qui fait du mal à un autre en sachant que ce qu’il fait est mal.

Notre intelligence pourrait être utilisée à meilleur escient en cessant de vivre comme au Moyen-Âge. Nous avons un tas de ressources pour nous nourrir, nous ne sommes plus en mode « survie ». À la base l’humain n’est pas un carnivore mais un herbivore. Il mangeait des fruits et des végétaux bien avant de commencer à manger de la viande. Si nous étions programmés instinctivement comme les autres carnivores à chasser notre prochain nous n’aurions pas besoin de fermes industrielles pour faire le sale boulot à notre place! Nous irions dans les rues, nous nous mettrions à 4 pattes et à l’aide de nos seules mains nues, nous attraperions notre proie dans notre gueule et la dévorerions crue!

Si cette scène vous dégoûte, vous n’êtes pas un vrai carnivore puisque vous ne verrez jamais un lion découper une gazelle avec un couteau et une fourchette pour ne manger que certaines parties, le lion mangera tout, tout, tout! Voilà un vrai carnivore! Il n’aura pas besoin de faire mijoter son plat et de le cuire pour ne pas attraper de maladies. Son système est FAIT pour manger de la chair animale contrairement au nôtre.

Nous ne pouvons plus déclarer être dans cette fameuse chaîne alimentaire car nous ne chassons plus nous-même les animaux. Nous les produisons! nous les FABRIQUONS en usine!  Ceux qui s’obstinent à penser que nous pouvons manger plus petit que nous car nous sommes au sommet de la chaîne devraient accepter le jour venu d’être aussi mangés si une colonie d’êtres plus évolués que nous descendaient sur terre… Moins tentant non ?

Mythe #4 : « Les animaux ne sont pas intelligents, ils sont inférieurs à nous, nous pouvons les utiliser »

RÉALITÉ : Cette triste affirmation est encore trop souvent prononcée. Je ne sais pas si c’est par manque d’informations, par imbécillité ou pour tenter de se convaincre que les animaux nous appartiennent mais évidemment elle est totalement fausse.

Lorsqu’on sait qu’un cochon a un coscient intellectuel équivalent à celui d’un enfant de 3 ans, qu’il arrive à se reconnaître dans le miroir, qu’il a une conscience de lui-même alors son intelligence n’est plus à prouver.

Comme disait le philosophe Jeremy Bentham:  « La question n’est pas : Peuvent-ils raisonner? Ni peuvent-ils parler? Mais plutôt: Peuvent-ils souffrir?  »

Nous savons tous que l’animal ressent la douleur. Nous n’avons qu’à piler malencontreusement sur la queue de notre chat pour le constater. Les animaux ressentent tout comme nous les émotions telles que la peur, l’ennui, l’excitation et la joie. Ils possèdent en eux un instinct de survie, comme nous ils cherchent le confort, à combler leurs besoins primaires mais surtout chacun cherche à simplement rester en vie, par tous les moyens (parfois volés par l’homme). Peu importe sa taille, son niveau d’intelligence ou son statut dans le monde, tout animal éprouve de la douleur. Si nous pensons que l’exploitation d’un autre être peut être fait en considérant expressément son niveau d’intelligence, pourquoi n’utiliserions nous pas un bébé de 6 mois pour la recherche? Ou pourquoi ne mangerions nous pas un déficient mental? En tant qu’être vivant soit disant évolué, nous ne pouvons plus nous cacher derrière des arguments de si bas niveau. Nous devons accepter que de prendre pouvoir sur la vie d’autrui constitue un grave préjudice et nous repentir face à cette bêtise de masse.

MYTHE #5 : « Ce n’est pas partout pareil, il y a des endroits où les animaux sont bien traités et où ils peuvent mourir humainement »

RÉALITÉ : Cette phrase déjà entendue me fait saigner des oreilles par son absurdité. Comment peut-on tuer « humainement »? Croyez-vous vraiment qu’il existe des abattoirs où les animaux sont au paradis avant de mourir? Des endroits où on borde chaque bête en lui chantant une berceuse afin d’atténuer son stress? Pensez-vous qu’il y a un gentil vétérinaire qui euthanasie en douceur avec une toute petite aiguille chaque animal devant lui avant de le couper en cubes de bœuf ? Bien sûr que non!

Le pays des Câlinours n’existe pas!  Tuer humainement ne veut rien dire! Qu’on caresse les cheveux de la victime avant de lui trancher la gorge ne fera pas du meurtre un crime justifiable!

Lorsque j’entends les gens se vanter d’acheter leurs viande dans des élevages respectueux des bêtes, je me dis qu’ils tentent seulement de se déculpabiliser, de masquer leur conscience. Certains éleveurs affirment traiter leurs bêtes comme des enfants, les aimer et en prendre soin et même leur donner un nom! Je trouve cet « amour » un peu dérageant. Comment peut-on prétendre aimer un être vivant et l’envoyer sans scrupule dans les bras de l’enfer de façon consciente?  Nous n’avons certes pas la même définition du mot amour!

Oui, je pense que les petits élevages sont MOINS PIRES mais jamais je n’excuserai le crime même si les conditions étaient moins atroces. Une famille qui possédait autrefois un esclave pouvait elle aussi lui offrir un lit confortable, de la bonne nourriture et un peu d’espace mais cela ne justifiait en rien la légitimité du fait accompli. Cette famille exploitait tout simplement un autre être vivant pour son seul  bénéfice personnel ou économique.

Chaque animal finit de la même façon. Qu’il  soit élevé dans la ouate ou dans la merde n’y change rien. Il aura à subir le stress intense du transport vers l’abattoir dans des conditions climatiques souvent extrêmes, d’être privé d’eau, de nourriture et d’espace sur des périodes pouvant dépasser 50 heures d’affilées. Il devra arriver totalement épuisé, souvent blessé et terrorisé face au bourreau payé pour le réduire en steak. Il sera découpé (parfois encore conscient) et empaqueté comme une simple marchandise au profit des hommes.

Se donner bonne conscience en faisant un choix sensé n’est pas d’acheter de l’éleveur du coin mais bien de ne plus encourager cette cruauté animale, bio ou pas puisqu’au final, il y aura de la souffrance peu importe sa durée.

MYTHE #6 : « On a beaucoup d’autres problèmes plus importants à s’occuper avant de penser au sort des animaux »

RÉALITÉ : Ce qui est ironique dans cette phrase c’est qu’elle est presque toujours employée par des personnes qui ne défendent aucune cause.

Ces gens qui déclarent qu’on est fous de s’occuper de cette cause en négligeant les autres, ne s’occupent ni de CETTE cause ni d’AUCUNE autre! Pourtant, si on rencontre une personne militant pour la cause du cancer du sein, jamais on entendra une personne lui dire:

« Voyons! T’occuper du cancer alors qu’en Afrique les enfants meurent actuellement de faim! »

Ça serait complètement ridicule non?! Comme si le fait de s’intéresser et de défendre une cause rendait la personne insensible aux autres.

Je remarque que la majorité des personnes empathiques au sort des animaux sont des gens au contraire sensibles aux autres et faisant de bonnes actions autour d’eux pour ceux dans le besoin. On a pas un cœur pour les animaux et un autre pour les humains, on a un cœur ou on en a pas…

De plus, ajoutons que le fait de bannir la viande sauve la vie de plusieurs personnes par ricochet. On permet aux personnes affamées dans le monde d’espérer manger à leur faim des céréales qu’on donnerait au bétail et on contribue également à l’environnement puisqu’on sait que consommer de la viande pollue plus que tous les moyens de transports réunis et qu’elle est responsable à elle seule de 18% des gaz à effets de serre! Voilà que l’expression « faire d’une pierre deux coups » prend tout son sens…

Toutes les causes sont liées!

MYTHE #7 : « La viande est une tradition! On en a toujours mangé! »

RÉALITÉ : Les traditions existent depuis la nuit des temps et évoluent également au fil des siècles. L’homme a déjà pratiqué le cannibalisme. Que diriez-vous si vous alliez visiter un recoin de pays où l’hôte vous servirait un bon gigot d’humain par pure tradition? L’esclavage était une tradition, l’excision des jeunes filles fortement condamnée dans plusieurs pays en est une, la guerre aussi…

Nous ne pouvons justifier un acte simplement car on l’a toujours fait. Autrement on mangerait encore de l’humain, on exciserait les petites filles, on marierait les fillettes de 10 ans à des hommes âgés, on posséderait chacun un esclave et on fumerait encore en allaitant un bébé.

Parlant de cigarette, voilà un bon exemple. Elle a longtemps été bien vue dans l’espace public. Les femmes fumaient enceintes, les médecins en grillaient une en recevant des patients dans leur bureau… La population fumait et personne ne trouvait cela questionnable. Un jour, les recherches ont démontré que l’usage du tabac était nocif pour la santé et aujourd’hui de plus en plus de gens abandonnent leur cigarette en toute connaissance de cause.

L’homme est un être capable d’être réfléchi et devrait être en mesure de poursuivre son évolution et non pas stagner dans des traditions qui n’ont plus leur place dans le monde d’aujourd’hui.

Sources et références

* Plaidoyer pour les animaux, Matthieu Ricard, Éditions Allary, p. 130

Image courtesy of Vectorolie / From FreeDigitalPhotos.net

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