L’empathie : un crime ?

imageL’équation 1+1=2 est une équation facile, tellement facile qu’un enfant de 6 ans peut la résoudre les yeux fermés. Pour toute personne logique et moindrement empathique, un animal a soif+il est en détresse= on lui donne à boire.

L’affaire Anita Krajnc, cette femme au grand coeur accusée d’avoir donné à boire à un porc, est la preuve vivante que les maths de la justice sont bourrées de fautes.

Contrairement à la croyance populaire, le porc n’est pas « de la viande », mais bien un animal. Le résultat de cette équation devrait par conséquent être le même que l’on mette un chien, une poule ou un cochon comme variante.

Depuis le tapage médiatique à propos de cette affaire sur les réseaux sociaux, je regarde attentivement les commentaires des gens. « Ça n’a aucun sens! » – « Elle est simplement humaine! » ou « Comment peut-on laisser un cochon mourir de soif c’est abominable! »

Je trouve intéressant la réaction compatissante quasi unanime des gens et ce, qu’ils soient végétariens ou amateurs de chair animale. Cette empathie pour le cochon qui a soif est pourtant, pour la majorité des gens, mise au placard le soir venu lorsque la personne savoure son burger triple bacon. Les gens semblent habiles à oublier que leur repas du soir était lui aussi un animal haletant dans un camion quelques jours plus tôt ou pourrissant dans une détresse sévère au fond d’une cage quelque part .

Comment expliquer que la majorité des gens auraient eu comme réflexe naturel  de donner à boire à un porc déshydraté croisé sur leur route alors qu’ils cautionnent sa mort le soir venu? N’est ce pas là la preuve que peu importe nos choix de vie, nous sommes humainement capable de compassion lorsque celle ci n’interfère pas avec notre plaisir gustatif du moment. En épaulant cette femme pour son geste nous admettons que les besoins  primaires de ce porc d’élevage doivent être respectés. Sa souffrance  nous touche. Nous le reconnaissons  enfin comme un être capable de ressentir et nous réussissons à avoir pitié de lui.

Je crois que cette affaire qui fera beaucoup de vagues amènera une réflexion sérieuse sur la question. Elle nous poussera, je l’espère, à comprendre l’incohérence entre nos valeurs profondes telle que l’empathie et nos choix de vie. Éthiquement parlant, l’homme a le devoir de protéger et de venir en aide à un être sentient dans le besoin. Ce devoir doit aller au-delà des espèces car la souffrance et les besoins primaires sont les mêmes que nous ayons deux pieds, deux pattes ou quatre. Le droit d’être reconnu devrait s’appliquer à n’importe quel animal peut importe que nous nous sentons émotivement proche ou loin de lui, autant que nous viendrions en aide à un inconnu en détresse même s’il n’avait aucune affinité ou lien avec nous.

Un porc qui a soif a soif. Son besoin d’être abreuvé n’est pas moins important car il est un animal d’élevage plutôt que de compagnie.

Les lois contre la cruauté animales sont sévères. Elles puniraient durement une personne qui laisserait un chat ou un chien sans eau ni nourriture depuis 36h . Les animaux d’élevage, ces grands oubliés, sont bien malgré eux les victimes d’un système arriéré, assoiffé de pouvoir et d’argent et ce, sans égard au bien-être de leurs esclaves. Les pratiques d’élevage qui permettent la castration à vif des porcelets, les cages de gestations, le débecquage des poulets pour ne nommer que celles-là, sont permises car elles enrichissent des industries sans scrupules qui ne voient en ces malheureux que des machines à profits. Les chiens et les chats ne remplissent pas les coffres. Ils ne font pas parti des « produits comestibles » sur le marché alors ils sont épargnés et compartimentés en animaux à protéger, ce qui en soi est criant d’injustice.

Selon moi, on se trompe d’accusé! La dame qui est présentement dans le box des accusés n’est pas la coupable du spécisme institutionnel créé par des compagnies qui ont les lois derrières elles et qui ne se gênent pas pour déverser leur flot de propagande sur nous au quotidien depuis notre naissance. Celle qui respecte la loi anti-cruauté animale devrait être adulée et non condamnée. Car oui un cochon est un animal et non pas le bout de viande qu’on nous a pousser à voir depuis toujours. C’est cette société qui multiplie et fait perdurer le spécisme qui devrait être dans le box, pas cette femme. Il est grand temps de résoudre l’équation une bonne fois pour toute afin d’éviter de futures erreurs judiciaires.

À lire aussi : L’affontement entre deux conceptions de ce qu’est un animal par Elise Desaulniers

Image source : Toronto Pig Save

Comments
  1. 1 année ago
    • 1 année ago

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