LA COMPASSION? PAS DE QUOI EN FAIRE TOUT UN PLAT!

JMcArthur-0594Récemment, j’étais chez une proche sur l’heure du souper. Cette dernière cuisinait des saucisses italiennes devant moi, juste à côté de son manteau en collet de fourrure. Elle s’est alors mise à s’emporter en parlant des usines à chiots:

« Comment peuvent-ils faire ça à des pauvres chiens! Les enfermer dans des cages sans qu’ils ne puissent jamais voir la lumière du jour! Les gens qui encouragent cette industrie là à sont idiots! Ils ne devraient pas acheter leur chien à l’animalerie car c’est à cause d’eux que ces usines existent!  »

Évidemment j’ai failli m’étouffer avec ma bouchée de tofu en entendant pareille contradiction. J’avais sous les yeux une personne humaine, sensible aux animaux, compatissante, capable de jugement et cette même personne cuisinait avec tant d’indifférence, un animal qu’on avait tué un peu plus tôt pour son plaisir gustatif. Lorsque je lui fis la remarque, sur la défensive elle répliqua : »Mais c’est différent! C’est pour nous nourrir qu’on mange des animaux, il faut bien manger! Les cochons sont nés pour ça eux, c’est leur rôle sur terre. »

« Et la fourrure de ton manteau est-elle vraiment nécessaire ? « 

« C’est la mode, il faut bien se protéger du froid et je ne suis pas la seule qui en porte tout le monde porte ça cet hiver. »

Ce que je retiens de cette discussion c’est que les gens souffrent d’un aveuglement collectif volontaire. Ils suivent la masse car « tout le monde le fait de toute façon. » Ce qui est normal est pour eux automatiquement légitime même si cela implique la mise à mort d’un autre être vivant. Ils auront toujours une excuse ou une phrase clichée apprise par cœur pour justifier leurs choix de vie. Ils sont conscients que leur steak ne pousse pas dans les arbres et ils savent trop bien au fond d’eux-mêmes que l’animal a souffert avant d’arriver dans leur assiette. Ils savent aussi que pour être à la mode, un animal a agonisé dans un piège ou vécu toute sa vie dans une cage à en devenir fou. Pourquoi acceptent-ils tout ça? Pourquoi protéger les chiens et les chats, se battre pour leurs droits alors que les animaux de ferme, ces grands oubliés, sont le dernier de leur souci?

Est-ce que la souffrance ressentie par un cochon est moins importante que celle ressentie par un chien simplement car on est attaché à une espèce et pas à l’autre?

Quand on y regarde de plus près, on réalise l’absurdité de la chose. Un cochon a 4 pattes, un museau, deux yeux, un cœur qui bat, une capacité de raisonnement et une intelligence. Le chien aussi. Pourquoi protéger un et manger l’autre sous prétexte qu’on considère que l’un est fait pour être notre ami et l’autre notre repas?

Lorsqu’on sait que dans une vie nous mangerons 7000 animaux en moyenne il y a une prise de conscience qui doit être faite. Veut-on participer à ces tortures et à ces mises à mort en commandant notre burger ou notre manteau dernier cri? Sommes-nous à l’aise avec le fait que 7000 animaux seront élevés dans une misère incommensurable et exécutés dans des conditions ignobles juste pour nous? Est-ce qu’un plaisir gustatif de 15 minutes  justifie la souffrance qu’on devra infliger à ces pauvres bêtes alors que nous ne sommes pas en situation de survie? Il est grand temps de faire une introspection sur notre mode de vie puisque nos choix  impliquent la vie d’autres êtres vivants.

Petite mise en situation…

Imaginons une seconde que vous arriviez chez une personne qui vous invite à souper. En s’apprêtant à cuisiner, cette personne sort un poulet vivant d’une boite et vous dit : » Je t’ai invité ce soir à manger ton repas préféré, un bon poulet parmigiana, mais un si bon repas a un prix… Si tu veux manger ton plat ce soir, tu dois accepter que ce poulet là(en lui montrant le poulet vivant) soit tué. « Évidemment il ne sera pas abattu sous tes yeux mais dans une autre pièce pour t’épargner…Qu’en dis-tu ? » Votre hôte aiguise son couteau  et vous voilà pris entre un estomac qui gargouille et la vue de l’oiseau paniqué qui vous cède, contre son gré, le sort de sa vie. 

Ou encore, on vous pointe une truie dans une cage si minuscule qu’elle ne peut même pas se retourner et on vous dit que si vous voulez manger du bacon, cette truie restera cloîtrée là, à vivre une détresse et un stress constant sans jamais voir la lumière du jour. Vous serez responsable de la folie et de l’impuissance qui commenceront à l’habiter après quelques jours, alors qu’elle réalisera qu’elle n’a aucune issue, ni aucun droit sur sa propre vie.Quel serait votre choix? 

Combien de personnes diraient que c’est inhumain de tuer ce pauvre poulet, que cette personne est folle et choisiraient de manger autre chose? Qu’une vie vaut plus qu’un repas dont on peut facilement se passer? Combien de gens diraient de sortir la pauvre truie de sa cage et préféreraient arrêter de manger du bacon? Notre nature profonde reconnait que c’est immoral de faire souffrir un autre être vivant. Si nous sommes capables d’éprouver un malaise à l’idée de faire tuer ce poulet ou de laisser cette truie en cage c’est qu’au fond de nous, nous savons que c’est injuste et cruel. Nous sommes capable d’accorder une certaine considération morale à ces animaux .

Pourquoi cette compassion spontanée ne s’appliquerait-elle pas au quotidien? Si, en lisant cette mise en situation, vous vous êtes dit que vous laisseriez le poulet vivre alors vous entrez en contradiction avec votre mode de vie. En consommant de la viande vous acceptez chaque jour que des animaux meurent pour vous. Manger, c’est voter trois fois par jour.

Il serait temps que chaque personne qui décide de manger de la viande approfondisse sa réflexion sur la question.

Après tout, nous devons bien ça à ces milliards d’animaux qui perdent la vie chaque année pour nous satisfaire.

 

Image source: We animals Jo Ann McArthur
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  3. 3 années ago

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