Au Sommet De La Chaîne … Du SPÉCISME

chien dans une assietteL’homme se vante souvent d’être au sommet de la chaîne alimentaire. En affirmant qu’on peut manger les animaux, on promeut implicitement la violence en acceptant que les plus faibles peuvent être sacrifiés et que les plus forts peuvent faire des plus faibles leur « produit » ou leur « chose » en les exploitant à outrance.

Aucune hiérarchie fondamentale n’existe entre les êtres vivants sauf celle établie par les humains dits doués de raison.  « Doués » pourrait après réflexion, facilement être remplacé par dénués.

Toute vie s’équivaut en soi, tout animal ou humain est animé par le même désir de vivre, de survivre, de se reproduire, de se nourrir et d’être bien. Qu’il soit petit ou non, intelligent ou bête, n’importe quel être cherchera à combler ses besoins primaires. Dans le cas des animaux, on DÉCIDE de les priver de leurs besoins de base en remplacant plutôt leur misérable vie par une existence  de privation, d’isolation… de désolation.

Le spécisme est un trait commun à la majorité des humains. Un terme de la même famille que les bien connus « racisme » et « sexisme ». Le spécisme ne fait pas de discrimination sur la couleur de peau ou le sexe mais plutôt sur l’espèce en question. Quelqu’un de spéciste flattera le chien et mangera le porc, privera de soin un rat mais pas un singe, aura du respect pour ce qui a des poils mais pas des plumes. Être raciste et sexiste est mal vu de nos jours, pourtant, autrefois, ils fût un trait de société  fortement répandu. On a qu’à imaginer comment serait pointé du doigt celui qui traiterait un noir de « nègre » alors qu’avant, c’était plutôt celui qui ne le faisait pas qui était traité de  » bizarre » et « de pas normal ». Nous avons du chemin à faire pour en arriver à une telle réflexion vis-à-vis les animaux. Nous sommes tous des moutons qui suivent la parade de l’industrie, sans nous poser la moindre question sur la légitimité d’exploiter autant d’êtres souffrants, considérés comme inférieurs.

On vous montre des images dans le journal local d’une usine à chiots et son état lamentable? Vous montez aux barricades, vous êtes tristes, en colère et vous dites que JAMAIS vous n’irez acheter un chiot dans ce genre d’endroit pour ne pas  »encourager les bourreaux ». Pourtant, qu’en est-il de votre steak? N’encouragez-vous pas la violence faite au bétail d’élevage en vous gavant de cadavres d’animaux? Pourquoi est-ce que vous êtes sensible au chien et au chat et non au cochon? Comment pouvez-vous prétendre aimer LES animaux alors que vous n’avez d’empathie que pour les chiens et les chats? Je saigne des oreilles lorsque j’entends une personne affirmer être l’amie des animaux… un burger à la main. Les animaux sont mes amis, je ne mange pas mes amis…

La valeur des êtres vivants est t-elle uniquement en lien avec la souffrance éprouvée par ses proches lors de son décès? Est-ce que la vie d’un chien vaut plus que celle d’un porc simplement car le premier pourrait avoir un maître et être aimé? Suivant cette logique, la vie d’un itinérant vaut-elle moins que celle d’un père de famille car le premier est seul et l’autre aimé de plusieurs? Si je possède un chien et un hamster, devrais-je pleurer davantage la mort de mon chien que celle de  mon hamster car mon chien est plus intelligent et au-dessus du hamster hiérarchiquement parlant? Est-ce que, au sens de la justice elle-même dénuée d’émotions, la vie d’un être proche de vous vaut plus que celle d’un être que vous ne connaissez pas? Est-ce qu’on peut justifier la mort d’une personne en la banalisant simplement car celle-ci nous n’était pas intimement et émotivement liée?

Certains croient que l’intelligence prévaut sur le droit de vie ou de mort. « Je suis plus intelligent, donc je peux décider de ton sort ». On donne des droits à ce qu’on qualifie « d’être humain » mais qu’englobe donc le terme « humain »? Est-ce qu’un être, en l’occurrence, un animal, qui possède des aptitudes à manger, dormir, voir, marcher, respirer, sentir et souffrir peut être qualifié d’humain? Si  le terme humain repose uniquement sur la capacité de raison et d’intelligence qu’en est-il alors des humains déficients mentaux, handicapés et muets? Pourquoi ne prenons-nous pas un handicapé non doué de raison, pour l’exploiter et le manger à la place du cochon qui lui, détient un conscient intellectuel plus élevé que le sien et du même coup une conscience de lui-même encore plus grande? Vous répondrez probablement « que c’est évident, c’est tout simplement parce que le porc n’est pas comme nous ». Les esclaves noirs d’autrefois non plus n’étaient pas identiques à nous physiquement, est-ce que cela justifiait leur exploitation?

Certaines personnes se vantent de prendre bien soin des animaux avant de les envoyer à l’abattoir. Ils poussent même l’absurdité en déclarant aimer beaucoup leurs animaux et même leur donner un nom. Si c’est cette définition qu’ils donnent à l’amour alors je peux dire que je suis abasourdie. Si je vous disais  » j’ai adopté un enfant, puis un autre, je les aimes tellement, je les nourris, je leur donne des bisous le soir et les endors. Ils sont ma raison de vivre. Demain par contre, ( puisqu’il faut bien vivre ), je vais les envoyer se faire tuer car certains humains sont cannibales et on doit nourrir ces gens-là ». Ça serait totalement effrayant non? Pourquoi cela vous choque t-il lorsqu’il s’agit d’êtres qui vous ressemblent et non pas quand vous pouvez vous dissocier des victimes?

On se permet d’exploiter des êtres plus faibles que nous simplement car on est plus forts qu’eux. On se donne alors un droit sur cet être vivant. Comment réagirions nous si notre patron nous frappait chaque fois qu’on entre le matin au travail pour qu’on soit plus productif? Il pourrait lui aussi se justifier en disant que nous sommes « en dessous de lui » dans la chaîne de l’industrie? Son pouvoir de dirigeant ne justifierait en rien ses actes violents n’est ce pas? Alors pourquoi cette mentalité? Pourquoi accorder le pouvoir au plus fort et le droit de traiter comme il l’entend tout être inférieur à lui?

En 2007, un homme propriétaire d’un âne fut accusé de viol sur ce dernier. Il avait sodomisé le pauvre animal. Le juge déclara que sans son consentement cet acte devait être puni puisque le viol était un crime condamnable. L’absurdité de la chose c’est que ce même homme pouvait dès son retour du tribunal, trancher la gorge de son protégé, le tuer et le manger sans que cela ne soit puni puisque le meurtre d’un animal pour en tirer un plaisir GUSTATIF, lui, est selon la loi tout à fait légal.

On décide non seulement de faire du mal aux animaux mais va même jusqu’à sélectionner quelles sont les souffrances qu’on peut leur infliger qui sont bien et celles qui sont mal. Comme l’humain peut être bête… Non?

 « Certains animaux ont une vie mentale suffisamment complexe pour avoir une expérience propre de leur bien-être. En d’autres termes, ils ont une vie mentale assez complexe pour que ce qui leur arrive leur importe »  Tom Regan

Image courtesy of ImageryMajestic/FreeDigitalPhotos.net

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